Auto entrepreneur et Kbis : ce qu'il faut savoir
Auto entrepreneur et Kbis : équivalent, différences avec le RNE, démarches et coûts en 2026. Tout ce que vous devez savoir avant de créer votre micro-entreprise.

Un auto entrepreneur ne reçoit pas de Kbis : ce document est strictement réservé aux sociétés immatriculées au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). À la place, le micro-entrepreneur dispose d'une attestation d'immatriculation délivrée par le Registre National des Entreprises (RNE), qui suffit à prouver l'existence légale de son activité. Connaître cette différence évite bien des blocages concrets : ouverture de compte bancaire professionnel, demande d'autorisation, réponse à un appel d'offres.
Ce qu'il faut retenir
- Un auto entrepreneur ne reçoit pas de Kbis : il obtient une attestation d'immatriculation au RNE, gratuite et téléchargeable en ligne, qui a la même valeur probante.
- Les frais d'immatriculation d'une micro-entreprise varient de 0 € (libéral) à 45 € (artisan), selon les tarifs en vigueur au 1er mars 2026.
- Le micro-entrepreneur doit déclarer son chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement à l'URSSAF, dès le premier euro encaissé.
- La franchise en base de TVA s'applique jusqu'à 35 000 € de CA pour les prestations de services en 2026.
- Exercer sans immatriculation (sans SIRET) est illégal : l'inscription au RNE est obligatoire avant toute facturation.
Kbis et RNE : deux documents, deux registres distincts
L'extrait K ou Kbis prouve qu'une entreprise commerciale est inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). Seules les sociétés (SARL, SAS, EURL, SASU…) et les entrepreneurs individuels exerçant une activité commerciale relevant du RCS peuvent en obtenir un.
Depuis la réforme du guichet unique en 2023, toutes les entreprises : quelle que soit leur forme juridique : sont répertoriées dans un registre centralisé : le Registre National des Entreprises (RNE), tenu par l'INPI. Le micro-entrepreneur y obtient une attestation d'immatriculation RNE, qui mentionne son numéro SIRET, sa dénomination, son adresse et la nature de son activité.
Dans la grande majorité des situations, cette attestation suffit : ouverture de compte bancaire, réponse à un appel d'offres public, demande d'autorisation professionnelle, souscription à un contrat professionnel. C'est l'équivalent fonctionnel du Kbis pour les micro-entrepreneurs.
La distinction est la suivante :
- Kbis : réservé aux sociétés et EI commerciales immatriculées au RCS
- Attestation RNE : délivrée à tous les micro-entrepreneurs, artisans et professions libérales
- Extrait K : version simplifiée du Kbis pour les entreprises individuelles commerciales
- Carte d'artisan : document complémentaire pour les micro-entrepreneurs artisans inscrits à la CMA
Si un partenaire ou un client réclame un « Kbis », présentez votre attestation RNE. Elle a exactement la même valeur probante pour votre statut.
Pour comprendre l'ensemble des droits et obligations liés à ce statut, il peut être utile de consulter un guide complet sur le statut EI auto entrepreneur avant de réaliser vos démarches.
Pourquoi l'auto entrepreneur n'a pas de Kbis au sens strict
Le micro-entrepreneur est une forme simplifiée de l'entreprise individuelle. Créé en 2009, ce régime repose sur une immatriculation allégée et des cotisations sociales proportionnelles au chiffre d'affaires déclaré. Résultat : il n'est pas systématiquement immatriculé au RCS.
Tout dépend de l'activité exercée. Un auto entrepreneur artisan ou libéral n'est pas inscrit au RCS : ce registre est réservé aux activités commerciales. Il est uniquement inscrit au RNE. En revanche, un micro-entrepreneur commercial peut être inscrit à la fois au RNE et au RCS, et peut donc techniquement obtenir un extrait K.
La confusion vient souvent du vocabulaire : dans le langage courant, « Kbis » désigne n'importe quel document attestant l'existence d'une entreprise. Mais au sens juridique strict, seule une société immatriculée au RCS peut produire un vrai extrait Kbis.
Concrètement :
- Micro-entrepreneur artisan : inscrit au RNE + à la Chambre de Métiers (CMA). Pas de Kbis, mais une attestation RNE et une carte d'artisan.
- Micro-entrepreneur libéral : inscrit au RNE uniquement. L'attestation RNE suffit.
- Micro-entrepreneur commercial : inscrit au RNE + possible inscription au RCS. Peut obtenir un extrait K.
Dans tous les cas, l'attestation RNE reste le document de référence pour justifier de votre immatriculation.
Comment obtenir son attestation d'immatriculation RNE
L'attestation RNE est gratuite et disponible en ligne à tout moment, sans démarche particulière. Elle se télécharge directement depuis le site de l'INPI (annuaire-entreprises.data.gouv.fr ou inpi.fr).
Pour obtenir ce document :
- Rendez-vous sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr
- Recherchez votre entreprise par numéro SIRET ou raison sociale
- Téléchargez l'attestation d'immatriculation au format PDF
L'espace personnel du guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) permet aussi de retrouver vos documents d'immatriculation après la création de votre micro-entreprise.
L'attestation mentionne :
- Numéro SIRET (14 chiffres)
- Forme juridique et régime fiscal
- Activité principale (code APE/NAF)
- Adresse du siège social
- Date de début d'activité
Si un client ou un organisme refuse l'attestation RNE et exige un extrait Kbis, vous pouvez joindre une lettre explicative rappelant que le statut de micro-entrepreneur ne génère pas de Kbis, et que l'attestation RNE dispose de la même valeur juridique. Le portail Service Public Entreprendre confirme cette équivalence.
Si votre projet nécessite de formaliser votre modèle économique en parallèle de l'immatriculation, découvrez comment monter un business plan adapté à une micro-entreprise.
Création d'une micro-entreprise : coûts et formalités d'immatriculation
Créer une micro-entreprise reste peu coûteux, mais des frais existent selon la nature de l'activité. Selon les données officielles de service-public.fr en vigueur au 1er mars 2026 :
- Activité commerciale : 21,74 € (diffusion au RNE et RCS)
- Activité artisanale : 45 € (inclut l'inscription à la CMA)
- Agent commercial : 23,21 €
- Activité libérale : gratuit (inscription au RNE uniquement)
Toutes les démarches passent par le guichet unique en ligne (formalites.entreprises.gouv.fr), qui a remplacé en 2023 les anciens CFE (Centres de Formalités des Entreprises).
Le numéro SIRET arrive généralement sous 1 à 5 jours ouvrés après dépôt du dossier complet. Sans ce numéro, aucune facturation client n'est possible.
Point d'attention : certaines activités réglementées exigent des autorisations préalables : diplômes, assurance professionnelle, agrément. La demande doit être obtenue avant ou simultanément à l'immatriculation. Vérifiez votre secteur sur service-public.fr ou auprès de votre CCI ou CMA de référence.
Obligations déclaratives et fiscales du micro-entrepreneur
Une fois immatriculé, le micro-entrepreneur doit respecter plusieurs obligations régulières. La principale : déclarer son chiffre d'affaires à l'URSSAF, mensuellement ou trimestriellement.
Selon service-public.fr, si vous démarrez le 12 avril 2026, votre première déclaration couvrira la période du 12 avril au 30 juin 2026. La déclaration trimestrielle est l'option par défaut pour les nouveaux auto-entrepreneurs.
Côté TVA, le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base tant qu'il ne dépasse pas les seuils légaux. En 2026, ce seuil est fixé à 35 000 € de chiffre d'affaires pour les prestations de services (honnêtement, cet avantage concurrentiel est l'un des vrais atouts du régime pour les débuts d'activité).
Les obligations à connaître :
- Déclaration de CA : mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr
- Émission de factures conformes (numéro SIRET, mention de la franchise TVA si applicable)
- Compte bancaire dédié : obligatoire si le CA dépasse 10 000 € sur deux années consécutives
- Assurance professionnelle : obligatoire dans certains secteurs (bâtiment, santé, juridique)
Pour toute question fiscale spécifique, un expert-comptable reste le meilleur réflexe. Certaines situations : cumul d'activités, dépassement de seuils, revenus mixtes : méritent un vrai accompagnement professionnel.
Si vous dépassez régulièrement les seuils ou envisagez de structurer davantage votre activité, vous pouvez vous appuyer sur un exemple de statuts SASU pour évaluer les implications d'un passage en société unipersonnelle.
Travailler sans Kbis : ce qui est légal et ce qui ne l'est pas
Un micro-entrepreneur peut exercer légalement sans jamais produire de Kbis, à condition d'être correctement immatriculé au RNE et de disposer de son attestation d'immatriculation.
Travailler sans aucune immatriculation, c'est-à-dire sans SIRET, expose en revanche à des sanctions sérieuses : requalification en travail dissimulé, redressement URSSAF, amendes. L'immatriculation est une obligation légale, pas une option.
Quelques situations particulières à garder en tête :
- Période de lancement : entre le dépôt du dossier et la réception du SIRET (1 à 5 jours), la facturation est impossible. Planifiez en conséquence.
- Cumul emploi-salarié : possible, sous réserve de vérifier la clause d'exclusivité de votre contrat de travail.
- Cumul emploi-retraite : depuis la libéralisation du dispositif, un retraité peut exercer en micro-entreprise sans limite de plafond de revenus.
Certains donneurs d'ordre (grandes entreprises, collectivités) exigent systématiquement un extrait Kbis avant de contractualiser. Si votre activité vous amène régulièrement à répondre à des appels d'offres importants, envisager la transformation en société (SASU ou EURL) mérite d'être évalué sérieusement : avec l'appui d'un expert-comptable ou d'un avocat.
Pour les porteurs de projet envisageant une structure à plusieurs associés, consulter un exemple de statuts SARL permet de comparer concrètement les obligations juridiques avant de faire ce choix.
Fiche pratique
| Coût d'immatriculation | Gratuit (libéral) / 21,74 € (commercial) / 23,21 € (agent commercial) / 45 € (artisan) : tarifs au 1er mars 2026 |
| Délai d'obtention du SIRET | 1 à 5 jours ouvrés après dépôt du dossier complet |
| Document équivalent au Kbis | Attestation d'immatriculation RNE (gratuite, téléchargeable sur inpi.fr ou annuaire-entreprises.data.gouv.fr) |
| Statut juridique concerné | Micro-entreprise (auto-entrepreneur), Entreprise Individuelle (EI) |
| Seuil franchise TVA (services) | 35 000 € de CA en 2026 |
| Obligations déclaratives | Déclaration de CA mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr |
| Compte bancaire dédié | Obligatoire si CA dépasse 10 000 € sur 2 années consécutives |
| Organisme d'immatriculation | Guichet unique : formalites.entreprises.gouv.fr |
| Organismes de référence | URSSAF, INPI, CCI, CMA, service-public.fr |
Sources
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- formalites.entreprises.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.
Vos questions
Est-ce qu'une micro-entreprise a un Kbis ?
Non, une micro-entreprise n'obtient pas de Kbis au sens strict. Ce document est réservé aux sociétés et aux entreprises immatriculées au RCS. Le micro-entrepreneur reçoit à la place une attestation d'immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE), disponible gratuitement en ligne, qui joue exactement le même rôle pour prouver l'existence légale de son activité.
Comment se passe la création d'une micro-entreprise ?
La création s'effectue en ligne via le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) : vous remplissez un formulaire de déclaration d'activité, fournissez une pièce d'identité et un justificatif de domicile, puis recevez votre numéro SIRET sous 1 à 5 jours ouvrés. Certaines activités réglementées nécessitent des autorisations préalables avant de pouvoir démarrer.
Quel est le coût pour devenir auto-entrepreneur ?
Les frais d'immatriculation dépendent de l'activité exercée : 21,74 € pour une activité commerciale, 45 € pour une activité artisanale, 23,21 € pour un agent commercial, et gratuit pour une activité libérale. Ces tarifs sont en vigueur au 1er mars 2026 selon service-public.fr.
Puis-je travailler sans Kbis en tant qu'auto-entrepreneur ?
Oui, un auto-entrepreneur travaille légalement sans Kbis. Il présente à la place son attestation d'immatriculation RNE, téléchargeable gratuitement. Exercer sans aucune immatriculation (sans SIRET), en revanche, est illégal et expose à des sanctions pour travail dissimulé, dont un redressement URSSAF.
Quelle est la différence entre le Kbis et l'attestation RNE ?
Le Kbis certifie l'inscription au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) et concerne les sociétés. L'attestation RNE certifie l'inscription au Registre National des Entreprises, tenu par l'INPI, et concerne toutes les entreprises, dont les micro-entrepreneurs. Les deux documents prouvent l'existence légale d'une activité : l'attestation RNE est l'équivalent du Kbis pour les auto-entrepreneurs.
