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Statuts

SASU : le statut juridique complet pour créer votre entreprise seul

Découvrez le statut SASU : définition, avantages, obligations et coût réel en 2026. Guide complet pour le dirigeant unique qui souhaite créer sa SASU.

Par Anne Fontaine 8 min de lecture
SASU statut : définition, avantages et fonctionnement en 202

Soyons directs : la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est aujourd'hui le statut le plus protecteur quand on crée son entreprise seul. Responsabilité limitée aux apports, régime social de dirigeant assimilé-salarié, souplesse de fonctionnement... On décortique tout ça : les vrais avantages, le coût réel et les obligations qui vont avec en 2026.

Qu'est-ce que la SASU ? Définition et cadre juridique

La SASU – Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle – c'est la version solo de la SAS. Un associé unique, qui est aussi le dirigeant, avec le titre de président de SASU. Le cadre légal ? Les articles L.227-1 à L.227-20 du Code de commerce. Gros avantage : la responsabilité de l'associé ne dépasse pas le montant de ses apports. Concrètement, votre patrimoine personnel (résidence, épargne) est protégé si les dettes professionnelles s'accumulent. Côté capital, vous fixez ce que vous voulez dans les statuts. Aucun minimum légal, donc 1 € est possible, même si un apport plus sérieux est plus crédible vis-à-vis des banques et fournisseurs. La SASU permet d'exercer quasiment toutes les activités : commerciales, artisanales, industrielles, libérales (sauf professions réglementées) ou agricoles. Pour les professions libérales réglementées – avocats, experts-comptables, médecins – il faudra plutôt viser une SELASU. En savoir plus sur la rédaction des statuts.

Les avantages du statut SASU pour le dirigeant unique

Pourquoi choisir la SASU quand on se lance seul ? D'abord, la responsabilité limitée aux apports, on l'a dit. En cas de pépin financier, personne ne touche à votre patrimoine personnel. Ensuite, le fonctionnement est très souple : les statuts vous laissent une liberté contractuelle assez large. Vous organisez les modalités de direction, les prises de décision, les clauses d'agrément comme bon vous semble. Autre atout : l'image de marque. Les banques, fournisseurs et investisseurs voient la SASU d'un bon œil, c'est un signe de professionnalisme. Et puis il y a le régime social. Le président de SASU est assimilé-salarié : protection sociale complète (assurance maladie, retraite, allocations chômage sous conditions). Contrairement au micro-entrepreneur qui cotise sur un régime à part, ici la rémunération ouvre des droits à la Sécu. Pas négligeable. Un aparté : attention, c'est un statut protecteur mais pas donné niveau cotisations quand on se verse un vrai salaire.

La protection sociale du dirigeant de SASU

Parlons protection sociale. Le président de SASU cotise au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique. Assurance maladie, retraite de base et complémentaire, allocations familiales, CSG/CRDS... Les cotisations sont calculées sur le brut versé. Et le taux global ? Entre 45 % et 50 % du salaire brut. En échange, vous bénéficiez de la même couverture qu'un salarié : remboursement des soins, indemnités journalières si arrêt maladie, droits retraite. Mais un point clé à retenir : le président de SASU n'a pas droit à l'assurance chômage si son activité s'arrête. Sauf s'il cumule avec un contrat de travail distinct. Il peut toutefois souscrire une assurance perte d'emploi volontaire auprès de France Travail (ex-Pôle emploi), compter environ 0,88 % de la rémunération brute. Et n'oubliez pas la mutuelle santé obligatoire, comme pour tout salarié. Comparer avec les autres statuts pour voir ce qui colle à votre situation.

Le coût réel de création d'une SASU en 2026

Avant de lancer votre SASU, faites vos comptes. Les principaux frais : - Rédaction des statuts : de 500 € à 2 000 € si vous passez par un expert-comptable ou un avocat. Si vous optez pour un modèle en ligne (Legalstart, Captain Contract), comptez à partir de 50 € TTC. - Immatriculation au RCS : 37,45 € pour une activité commerciale ou artisanale. Le tarif bouge selon la nature de l'activité. - Annonce légale : entre 100 € et 200 € selon le département. Obligatoire, donc à prévoir. - Dépôt du capital social : obligatoire aussi. La banque prend entre 15 € et 50 € pour l'attestation. - Extrait K-bis : 3,47 € (tarif 2026). Soit un total qui va de 200 € (tout en ligne) à 2 500 € (avec accompagnement complet). Ce budget là ne couvre pas les frais récurrents : expert-comptable, assurances, compta.

Les obligations comptables et déclaratives de la SASU

Côté obligations, la SASU n'échappe à rien. Comptabilité complète obligatoire : livre-journal, grand livre, balance des comptes. Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) doivent être déposés au greffe du tribunal de commerce chaque année, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice. Pour le fiscal : par défaut, la SASU est à l'impôt sur les sociétés (IS). Le taux normal en 2026, c'est 25 % sur tout le bénéfice. Les petites structures avec un CA inférieur à 42 000 € peuvent bénéficier d'un taux réduit à 15 % sur la tranche de bénéfice sous 42 000 € – sous conditions (CA HT sous 10 millions €, capital libéré, détention à 75 % par des personnes physiques). Le président peut aussi opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant 5 exercices maximum (option dans les 3 mois de la création). La TVA est due dès le premier euro, sauf franchise en base si le CA ne dépasse pas 37 500 € (prestations de services) ou 85 800 € (ventes) en 2026. Voir un modèle de statuts complet pour anticiper.

Les inconvénients et limites du statut SASU

Attention, la SASU a aussi ses contraintes. Le coût de la protection sociale peut être lourd si vous vous versez une rémunération modeste. Les cotisations avalent près de la moitié du brut. Exemple : pour 2 000 € brut mensuels, la société débourse environ 3 000 € (cotisations patronales incluses). Ensuite, la comptabilité complète vous oblige presque toujours à passer par un expert-comptable – budget annuel de 1 500 € à 3 000 € HT. Pas de comptabilité simplifiée comme en micro-entreprise. Autre point : la rémunération n'est pas obligatoire. Mais si vous ne vous versez rien, vous n'ouvrez aucun droit social (maladie, retraite). Et même non rémunéré, le président cotise à l'assurance maladie via le régime des travailleurs indépendants (minimum autour de 1 400 € par an en 2026). Enfin, la transmission des parts est moins évidente qu'en EURL. La cession des actions est libre sauf clause d'agrément, mais valoriser les parts sans marché organisé, c'est complexe.

SASU vs EURL : quel statut choisir en 2026 ?

SASU ou EURL ? Tout dépend de votre profil. Voici les grandes différences : - Régime social : SASU = assimilé-salarié (protection complète, cotisations élevées). EURL = travailleur non-salarié (TNS, cotisations autour de 40 % du revenu) mais protection moindre (retraite moins favorable, pas d'indemnités journalières les premiers mois). - Fiscalité : SASU = IS par défaut (25 % du bénéfice). EURL = IR par défaut (BIC/BNC), option possible pour l'IS. - Comptabilité : identique dans les deux cas (comptabilité complète). - Crédibilité : la SASU inspire plus confiance pour lever des fonds. - Coût social : pour 30 000 € nets annuels, l'EURL coûte environ 10 000 € de cotisations TNS, la SASU environ 15 000 €. En résumé : la SASU est taillée pour les projets à fort potentiel ou avec des investisseurs. L'EURL pour les activités stables où on veut maîtriser ses charges. Consultez notre comparatif complet pour creuser.

Les étapes clés pour créer votre SASU

Créer une SASU, c'est un chemin balisé. Voici les étapes : - 1. Rédiger les statuts : le document fondateur qui fixe l'objet social, le siège, le capital, les pouvoirs du président, les clauses d'agrément. Modèle juridique ou accompagnement pro, à vous de voir. - 2. Déposer le capital social : ouvrez un compte pro au nom de la SASU et déposez le capital (bloqué jusqu'à l'immatriculation). Récupérez l'attestation. - 3. Publier une annonce légale : dans un journal habilité du département du siège social. - 4. Immatriculer au RCS : dossier complet (statuts signés, attestation de dépôt, justificatif d'annonce légale, pouvoir du dirigeant, K-bis) via le guichet unique de l'INPI. - 5. Obtenir le K-bis : votre preuve d'existence juridique. Comptez 10 à 15 jours ouvrés. Depuis 2023, tout passe par le guichet unique de l'INPI. Un conseil : anticipez un délai supplémentaire si votre dossier est incomplet.

Points clés

  • La SASU offre une responsabilité limitée aux apports, protégeant le patrimoine personnel du dirigeant unique.
  • Le président de SASU est assimilé-salarié : il bénéficie d'une protection sociale complète (maladie, retraite) mais ses cotisations représentent 45 à 50 % du salaire brut.
  • Le coût de création d'une SASU varie de 200 € (en ligne) à 2 500 € (accompagnement professionnel) en 2026.
  • La SASU est soumise à une comptabilité complète et à l'impôt sur les sociétés (IS) à 25 % (taux réduit à 15 % sous conditions).
  • Choisir entre SASU et EURL dépend de votre priorité : protection sociale renforcée (SASU) ou cotisations sociales réduites (EURL).

Sources

Fiche pratique

Coût de création200 € à 2 500 € (statuts, annonce légale, immatriculation)
Délai d'immatriculation10 à 15 jours ouvrés
Statut juridiqueSASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
Régime social du dirigeantAssimilé-salarié (régime général de la Sécurité sociale)
Régime fiscal par défautImpôt sur les sociétés (IS) à 25 % (taux réduit à 15 % sous conditions)
Capital social minimumAucun minimum légal (1 € possible)
Obligations principalesComptabilité complète, dépôt des comptes annuels, assemblée générale annuelle
Organismes de référenceINPI (guichet unique), URSSAF, Greffe du tribunal de commerce

Ces informations sont d'ordre général et ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable ou d'un avocat. Validez vos choix avec un professionnel avant tout engagement.

Vos questions

Quelle est la différence entre SASU et SAS ?

La SASU, c'est la version unipersonnelle de la SAS. Différence : un seul associé (le président) contre au moins deux pour la SAS. Pour le reste – fonctionnement juridique, régime social, obligations comptables – c'est identique. Et si un nouvel associé entre au capital, la SASU devient une SAS. Simple.

Quel est le coût annuel de fonctionnement d'une SASU ?

Le coût annuel d'une SASU, c'est : la comptabilité (1 500 € à 3 000 € HT chez un expert), les cotisations sociales (45 à 50 % du brut du président), la mutuelle obligatoire, l'assurance pro et la taxe sur les salaires si elle s'applique. Budget minimum : environ 3 000 € par an, hors rémunération du dirigeant.

Le président de SASU est-il salarié ?

Le président de SASU est assimilé-salarié : il dépend du régime général de la Sécu, comme un salarié, mais sans contrat de travail. Pas d'allocations chômage sauf assurance volontaire via France Travail. Et pas de droit au chômage classique si son mandat s'arrête. À bien peser.

Peut-on créer une SASU sans capital ?

Oui, aucun capital minimum n'est imposé. Vous pouvez créer une SASU avec **1 €** symbolique. Mais attention : un capital trop faible peut compliquer les choses avec les banques ou les fournisseurs. Le capital doit être versé au moment de la création.

Quelles sont les obligations comptables d'une SASU ?

La SASU doit tenir une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, balance), produire des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et les déposer au greffe dans les 6 mois suivant la clôture. Depuis 2023, ça se fait via le guichet unique de l'INPI.