Aller au contenu
Lancer Sa BoîteLancer Sa Boîte
Statuts

Le statut EURL : ce qu'il faut savoir avant de créer votre entreprise en 2026

Tout savoir sur le statut EURL en 2026 : définition, avantages et inconvénients, coût de création, régime fiscal, obligations et un modèle gratuit de statuts.

Par Anne Fontaine 8 min de lecture

Le statut EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) permet à un associé unique de créer une société tout en limitant sa responsabilité aux apports. Cette forme hybride, copiée sur la SARL mais simplifiée, attire chaque année des dizaines de milliers de créateurs en France. Pourquoi ? Parce qu'en 2026, l'EURL reste l'une des structures les plus prisées pour se lancer seul. Son régime social TNS est avantageux, sa fiscalité flexible. Ce guide vous donne toutes les clés : définition, coût, fiscalité, avantages et inconvénients, démarches et modèle de statuts.

Statut EURL : définition et fonctionnement de cette société unipersonnelle

L'EURL, c'est une SARL avec un associé unique. Point barre. Créée par la loi du 11 juillet 1985, son but était simple : offrir aux entrepreneurs individuels une structure qui limite leur responsabilité sans les obliger à s'associer. L'associé unique ? Une personne physique ou morale (une autre société, par exemple).

La différence avec l'entreprise individuelle est nette : l'EURL sépare juridiquement le patrimoine personnel de l'associé du patrimoine de la société. Résultat : la responsabilité est limitée au montant des apports. Et bonne nouvelle en 2026 : il n'y a pas de capital social minimum légal (sauf pour certaines professions réglementées). Vous fixez ce que vous voulez dans les statuts, même 1 € symbolique.

Qui peut créer une EURL ? Toute personne majeure capable juridiquement. Le gérant peut être l'associé unique lui-même (gérant associé) ou un tiers désigné dans les statuts. Une souplesse qui explique pourquoi cette forme juridique est aussi populaire. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le statut EURL.

Statut EURL avantages et inconvénients : ce qui change vraiment

Pourquoi choisir l'EURL quand on est seul ? Plusieurs bonnes raisons :

  • Responsabilité limitée aux apports : vos biens personnels sont à l'abri en cas de dettes professionnelles. Les créanciers ne peuvent saisir que le patrimoine de l'EURL. Pas question de perdre votre maison pour un impayé client.
  • Régime social TNS avantageux : le gérant majoritaire d'EURL cotise comme travailleur non salarié. Ça représente environ 45 % de sa rémunération nette, contre 62 % pour le gérant de SASU (assimilé salarié). Le taux varie selon l'activité et la rémunération, mais l'écart est là.
  • Pas de plafond de chiffre d'affaires : contrairement à la micro-entreprise (plafond de 188 700 € pour les ventes et 77 700 € pour les prestations en 2026), l'EURL peut grandir sans limite.
  • Flexibilité fiscale : par défaut, c'est l'impôt sur le revenu (IR). Mais on peut opter pour l'IS : on y revient plus bas.
  • Déduction des charges réelles : loyers, déplacements, matériel, salaires, cotisations… Tout se déduit. Pas d'abattement forfaitaire comme en micro-entreprise.

Si vous envisagez de comparer avec une structure à associé unique soumise au régime assimilé salarié, les statuts SASU et leur fonctionnement méritent d'être examinés en parallèle.

Les inconvénients ? L'EURL est plus lourde qu'une micro-entreprise. Il faut rédiger des statuts, publier une annonce légale, tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, annexes) et déposer les comptes annuels au greffe. Bref, un investissement en temps et en argent que l'auto-entrepreneur ne connaît pas.

Quel est le statut le plus avantageux fiscalement pour une EURL en 2026 ?

Par défaut, l'EURL relève de l'impôt sur le revenu (IR). Concrètement, l'associé unique déclare sa part de bénéfice dans sa déclaration personnelle (BIC ou BNC selon l'activité). Le bénéfice est imposé au barème progressif de l'IR, même s'il reste dans la société. Cette transparence fiscale peut être intéressante les premières années, si la tranche marginale du foyer est basse.

L'EURL peut aussi opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). L'option vaut pour 5 exercices et se renouvelle tacitement. Sous l'IS, le résultat de l'entreprise et la rémunération du gérant sont distincts fiscalement. La rémunération du gérant est déduite du résultat et soumise aux cotisations TNS. Le bénéfice restant est imposé à 15 % jusqu'à 42 500 € (pour les PME éligibles), puis à 25 % au-delà.

En 2026, des allègements existent : exonération de CFE la première année, crédits d'impôt (recherche, innovation, apprentissage). Le choix du régime fiscal mérite une vraie discussion avec un expert-comptable. Chaque option a des conséquences sur la rémunération, les dividendes et les plus-values. Pour un comparatif complet avec la SASU, direction notre comparatif SASU vs EURL 2026.

Coût de création d'une EURL en 2026 : démarches et délais

Créer une EURL en 2026 a un coût. Voici le détail :

  • Frais d'immatriculation au RCS : 33,83 € (tarif national 2026, identique pour toutes les sociétés commerciales) – source.
  • Annonce légale : entre 155 € et 195 € selon le département et le journal habilité. Les tarifs sont fixés par arrêté, révisés chaque année (dernière mise à jour au 1er janvier 2026).
  • Enregistrement des statuts (si apport immobilier ou de fonds de commerce) : variable, environ 50 à 100 €.
  • Optionnel mais conseillé : un expert-comptable pour les statuts et l'accompagnement (de 500 € à 1 500 € pour une prestation complète).

Délai de création ? Une fois le dossier complet déposé au guichet unique (INPI), l'immatriculation prend 1 à 4 jours ouvrés en moyenne. Comptez 1 à 2 semaines au total (statuts + annonce + dépôt). Pour chaque étape en détail : notre guide complet pour créer une EURL en 2026.

Statut EURL exemple : rédiger et enregistrer les statuts de la société

Les statuts d'EURL doivent contenir certaines clauses obligatoires. Les voici :

  • Identité de l'associé unique : nom, prénom, date et lieu de naissance, domicile (ou dénomination sociale, siège et RCS pour une personne morale).
  • Dénomination sociale : le nom de la société. Il doit être unique et disponible (vérification sur le site de l'INPI obligatoire).
  • Siège social : l'adresse du lieu d'administration principal.
  • Objet social : description précise de l'activité. Ça influence le code APE/NAF et la convention collective.
  • Montant du capital social : libre, avec le détail des apports en numéraire et en nature. Les apports en nature nécessitent un rapport d'évaluation annexé aux statuts.
  • Identité du ou des gérants : nom, durée du mandat (souvent indéterminée), pouvoirs et éventuelle rémunération.
  • Règles de fonctionnement : modalités des décisions de l'associé unique, tenue des assemblées (ou PV de décision unique), affectation des résultats.

Bpifrance propose un modèle de statuts d'EURL gratuit sur entreprendre.service-public.gouv.fr. Adaptable, mais attention : chaque activité a ses spécificités juridiques et fiscales. L'idéal reste de faire vérifier les statuts définitifs par un professionnel.

Régime social du gérant d'EURL : cotisations TNS et protection sociale

Le gérant majoritaire d'EURL détient plus de la moitié du capital (seul ou avec conjoint et enfants mineurs). Il est affilié au régime TNS géré par l'URSSAF et la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Les cotisations sont calculées sur la rémunération nette de l'année N-1, avec un appel provisionnel en cours d'année.

Le taux global de cotisations TNS tourne autour de 45 % du revenu net (retraite de base et complémentaire, maladie, allocations familiales, CSG-CRDS). C'est nettement moins que le régime assimilé salarié de la SASU (environ 62 %), notamment parce qu'il n'y a pas de cotisations chômage.

Depuis juin 2024, les entrepreneurs individuels, gérants d'EURL et de SARL (statuts TNS) peuvent toucher une indemnisation France Travail à 70 % de leurs droits ARE lors de la création : source : Initiative France. Cette aide peut se cumuler avec la rémunération de l'EURL sous conditions.

Côté protection sociale : le gérant d'EURL cotise pour la retraite (base + complémentaire), la maladie, la maternité et les allocations familiales. Pas d'assurance chômage (donc pas d'indemnisation en cas de perte de mandat). La couverture maladie reste identique au régime général.

Modifier les statuts de l'EURL et faire évoluer la société dans le temps

L'EURL se modifie à tout moment : changement de gérant, transfert de siège, augmentation de capital, modification de l'objet social. Chaque modification des statuts suit une procédure précise : décision de l'associé unique (acte sous seing privé ou notarié), publication d'une annonce légale modificative, dépôt au greffe via le guichet unique de l'INPI. Comptez 200 à 400 € par modification (annonce + frais de greffe).

Et si un nouvel associé entre au capital ? L'EURL devient SARL. Si l'associé unique préfère une autre forme, il peut transformer l'EURL en SAS. Dans les deux cas, ça passe par un vote de l'associé unique et le respect des règles de protection des créanciers (pas de dissolution, juste une modification des statuts).

Ces opérations demandent l'accompagnement d'un expert-comptable ou d'un avocat. Pour la validité juridique, mais aussi pour optimiser les conséquences fiscales.

Points clés

  • L'EURL est une SARL à associé unique : responsabilité limitée au montant des apports, pas de capital minimum obligatoire.
  • Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations sociales d'environ 45 % du revenu net.
  • Par défaut, l'EURL est soumise à l'impôt sur le revenu (IR), mais l'option pour l'impôt sur les sociétés (IS) est possible.
  • Le coût de création en 2026 est de 225 à 315 € (hors honoraires), avec un délai d'immatriculation de 1 à 4 jours ouvrés.
  • L'EURL se distingue de la micro-entreprise par l'absence de plafond de chiffre d'affaires et la possibilité de déduire l'ensemble des charges réelles.

Sources

Fiche pratique

Capital social minimumPas de minimum légal (libre)
Coût de création estimé225 à 315 € + honoraires expert-comptable
Délai d'immatriculation1 à 4 jours ouvrés après le dépôt complet
Responsabilité de l'associé uniqueLimitée au montant des apports
Régime social du gérant majoritaireTravailleur non salarié (TNS) : cotisations ~45 % du revenu
Régime fiscal par défautImpôt sur le revenu (IR) avec option possible pour l'IS
Organismes de référenceservice-public.fr, URSSAF, Greffe du tribunal de commerce, INPI

Ces informations sont d'ordre général et ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable ou d'un avocat. Validez vos choix avec un professionnel avant tout engagement.

Vos questions

EURL : la responsabilité est-elle vraiment limitée ?

Oui, l'EURL protège le patrimoine personnel. La responsabilité de l'associé unique est limitée au montant de ses apports. C'est l'inverse d'une entreprise individuelle classique où les patrimoines ne sont séparés que depuis 2022 : et encore, pas toujours bien respecté en pratique.

Quels sont les avantages du statut EURL ?

L'EURL offre une responsabilité limitée aux apports et des cotisations TNS moins lourdes qu'en SASU : environ 45 % du revenu contre 62 %. Ajoutez à ça une flexibilité dans la rédaction des statuts et le choix possible entre IR et IS. Le tout pour une structure qui reste simple à gérer.

Comment fonctionne la fiscalité de l'EURL en 2026 ?

En IR, le gérant majoritaire est TNS avec des cotisations autour de 45 % sur sa rémunération nette. En IS, sa rémunération devient déductible du résultat. Mais le bénéfice restant est taxé : 15 % jusqu'à 42 500 € en 2026, puis 25 %. Et les dividendes subissent aussi les prélèvements sociaux.

Quelle différence entre EURL et auto-entrepreneur ?

En 2026, l'EURL est faite pour ceux qui veulent une structure capitaliste simple avec un associé unique et une responsabilité limitée. La micro-entreprise plafonne à 188 700 € (ventes) ou 77 700 € (services) et interdit la déduction des charges réelles. L'EURL laisse davantage de champ pour se développer.

Quel est le coût de création d'une EURL en 2026 ?

Comptez environ 225 à 315 € pour créer une EURL en 2026 en ligne (immatriculation, annonce légale, enregistrement). Ajoutez 500 à 1 500 € d'honneurs d'expert-comptable si vous voulez des statuts solides dès le départ.