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Dépôt du capital social : où déposer, comment procéder et quand récupérer

Dépôt capital social : banque, notaire ou CDC, documents exigés, délais et récupération des fonds. Guide pratique 2026 pour créer votre société en France.

Anne FontaineAnne Fontaine 17 min de lecture
Le dépôt du capital social : on vous dit tout !

Le dépôt du capital social est l'obligation de verser les apports en argent d'une société sur un compte bloqué (banque, notaire ou Caisse des Dépôts) avant son immatriculation. Cette étape permet d'obtenir une attestation de dépôt, document indispensable pour finaliser la création de l'entreprise au Guichet unique.

Le dépôt du capital social est une étape fondatrice et obligatoire dans la création de toute société en France. Cette démarche consiste à verser les apports en argent des associés sur un compte bloqué, avant même l'immatriculation. En échange, vous obtenez une attestation de dépôt des fonds, un document indispensable pour finaliser votre dossier auprès du Guichet unique. De la banque au notaire, en passant par la Caisse des Dépôts, chaque option présente ses propres délais, coûts et contraintes.

En bref

  • Le dépôt du capital social est une obligation légale préalable à toute immatriculation de société (SARL, SAS, EURL, etc.).
  • Trois options existent pour le dépôt : la banque (la plus courante), le notaire (pour les dossiers complexes) ou la Caisse des Dépôts et Consignations (gratuite).
  • Une attestation de dépôt de fonds est délivrée après le versement ; elle est obligatoire pour le dossier d'immatriculation au RNE.
  • Les fonds sont bloqués jusqu'à la présentation de l'extrait d'immatriculation (Kbis) et ne peuvent être utilisés avant.
  • Le capital social minimum pour une SAS ou une SASU est de 1 € (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026), mais un montant plus élevé renforce la crédibilité.

Comparatif en un coup d'œil

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OptionOption de dépôtCoût indicatif (2026)Délai d'obtention de l'attestationContraintes principales
Banque (traditionnelle ou en ligne)n.c.n.c.n.c.n.c.
Notairen.c.n.c.n.c.n.c.
Caisse des Dépôts et Consignations (CDC)n.c.n.c.n.c.n.c.

Le dépôt du capital social : de quoi parle-t-on exactement ?

Le dépôt du capital social est l'acte par lequel les fondateurs d'une société matérialisent leurs apports en numéraire (argent). Concrètement, il s'agit de transférer la somme d'argent correspondante sur un compte bancaire temporaire et bloqué, ouvert au nom de la société en formation. Cette procédure est une condition sine qua non à l'immatriculation d'une société commerciale ou civile, qu'il s'agisse d'une SAS, SASU, SARL, EURL ou encore d'une SCI. Elle garantit que les ressources promises par les associés sont bien réelles et disponibles pour le lancement de l'activité.

Cette démarche doit impérativement avoir lieu avant la signature définitive des statuts et le dépôt du dossier de création sur le portail du Guichet unique. Une fois le versement effectué, l'établissement dépositaire (banque, notaire...) remet aux fondateurs une attestation de dépôt des fonds. Ce certificat est une pièce maîtresse du dossier d'immatriculation, prouvant que l'entreprise dispose bien des fonds déclarés. Le capital ne sera ensuite "libéré", c'est-à-dire transféré sur le compte courant de l'entreprise, qu'après l'immatriculation effective et sur présentation d'un extrait Kbis.

Qu'est-ce que le capital social ?

Le capital social représente la valeur d'origine des ressources apportées à une société par ses associés ou actionnaires lors de sa création. Il est constitué d'apports en numéraire (sommes d'argent) ou d'apports en nature (biens matériels, immatériels, etc.). Le montant du capital, divisé en parts sociales (SARL, SCI) ou en actions (SAS), est inscrit dans les statuts et figure sur tous les documents officiels de l'entreprise (Kbis, factures, etc.). Il sert de gage pour les créanciers et de première ressource de financement pour l'entreprise. Pour de nombreuses formes juridiques comme la SAS ou la SARL, le capital social minimum est fixé à seulement 1 € (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026), bien qu'un montant plus conséquent soit souvent nécessaire pour assurer la crédibilité et la solidité financière du projet.

Pour comprendre plus en détail le fonctionnement et le montant minimum, consultez notre article sur la définition du capital social.

Pourquoi le dépôt est-il obligatoire avant l'immatriculation ?

La loi impose le dépôt du capital avant l'immatriculation pour protéger les tiers (créanciers, fournisseurs, clients) et garantir le sérieux de la démarche de création. Cette obligation, encadrée par le Code de commerce, assure que le capital mentionné dans les statuts n'est pas une simple déclaration d'intention mais une réalité financière tangible. En bloquant les fonds jusqu'à ce que la société existe juridiquement, le législateur s'assure que les capitaux propres de départ seront bien affectés à l'activité de l'entreprise. L'attestation de dépôt des fonds fournie par la banque ou le notaire agit comme une preuve irréfutable pour le greffe, qui peut ainsi procéder à l'immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE). Sans ce document, le dossier de création est tout simplement incomplet et sera rejeté.

Quelles sont les trois options pour déposer votre capital social ?

Pour réaliser le dépôt de votre capital social, trois possibilités s'offrent à vous. Chacune présente des avantages et des inconvénients en termes de coût, de rapidité et de niveau d'accompagnement. La voie la plus classique est la banque, qu'elle soit traditionnelle ou en ligne. Le notaire représente une alternative sécurisante, particulièrement adaptée aux montages complexes. Enfin, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) constitue une option publique et gratuite, mais soumise à certaines conditions.

Le choix dépendra de votre budget, de votre besoin de conseil et de l'urgence de votre situation. Pour une SASU avec un capital simple en numéraire, une banque en ligne peut être très efficace. Pour une SARL avec des apports mixtes et des statuts complexes, le conseil d'un notaire sera précieux. Il est essentiel de bien comprendre le fonctionnement et les règles du capital social en 2026 avant de faire votre choix.

Pour vous aiguiller davantage, il est essentiel de bien comprendre les règles et le fonctionnement du capital social en 2026.

💡 À noter : Certaines banques en ligne ont fait du dépôt de capital un produit d'appel, en proposant des procédures 100% dématérialisées et l'obtention de l'attestation en quelques heures ouvrées.

Le tableau suivant synthétise les caractéristiques de chaque option pour vous aider à décider :

Déposer le capital à la banque : la voie la plus courante

C'est la solution la plus répandue. Vous pouvez vous adresser à une banque traditionnelle ou à une néobanque (banque en ligne). La procédure consiste à ouvrir un compte professionnel provisoire au nom de la société en formation. Une fois les fonds versés, la banque vous délivre l'attestation de dépôt.

  • Avantages : La démarche est souvent fluide car elle s'inscrit dans la continuité de l'ouverture du compte professionnel définitif de l'entreprise. Les banques en ligne sont particulièrement rapides et compétitives, avec des coûts nuls ou faibles (souvent inclus dans un "pack créateur").
  • Inconvénients : Les banques traditionnelles peuvent être plus lentes et facturer des frais pour cette prestation, généralement entre 50 € et 150 €. Elles peuvent aussi être plus exigeantes sur le business plan avant d'accepter le dossier.

Passer par un notaire : pour quels cas ?

Le dépôt chez un notaire est une option plus sécurisante, mais aussi plus onéreuse. Le notaire reçoit les fonds sur un compte spécial de son étude.

  • Avantages : Cette solution offre un haut niveau de sécurité juridique. Le notaire peut vous conseiller sur la rédaction des statuts et vérifier la conformité de l'ensemble de votre projet. C'est une option recommandée pour les créations complexes, impliquant des apports en nature importants, des pactes d'associés spécifiques ou un grand nombre de fondateurs.
  • Inconvénients : Le coût est le principal frein. Les honoraires du notaire pour cette prestation sont libres et peuvent s'élever à plusieurs centaines d'euros, en fonction de la complexité du dossier. Les délais peuvent également être plus longs que via une banque en ligne.

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) : l'option publique

La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est un établissement public qui propose un service de consignation gratuit pour le dépôt du capital social. La démarche se fait en ligne via un portail dédié.

  • Avantages : C'est une solution entièrement gratuite. Elle offre une alternative si vous rencontrez des difficultés à ouvrir un compte auprès d'une banque (refus d'ouverture de compte).
  • Inconvénients : Cette option est moins souple. Les fonds doivent généralement être envoyés par virement et la procédure peut être plus longue et administrative que via une banque. De plus, il vous faudra ensuite effectuer une démarche distincte pour ouvrir le compte courant définitif de votre société dans une banque classique une fois l'immatriculation obtenue. Le service de la CDC est une solution de dernier recours, souvent utilisée par les créateurs qui n'ont pas trouvé d'autre dépositaire.

Quels documents fournir pour le dépôt du capital social ?

Quel que soit le lieu de dépôt choisi, vous devrez constituer un dossier solide pour prouver l'identité des fondateurs et la légitimité du projet. Les documents exigés sont globalement les mêmes, bien que certains établissements puissent demander des pièces complémentaires. L'anticipation est la clé : rassemblez ces documents en amont pour éviter tout retard dans l'obtention de votre précieuse attestation de dépôt.

Le document le plus important est le projet de statuts. Il doit être complet et mentionner le montant du capital social, la répartition des parts ou actions entre les associés, et l'identité du dépositaire des fonds. Il est crucial de fournir des statuts non signés, car leur signature définitive ne doit intervenir qu'après le dépôt effectif du capital. C'est un point de procédure qui piège parfois les créateurs novices. Fournir des statuts déjà signés peut entraîner un refus de la part du dépositaire et retarder toute la procédure de création.

Documents communs à tous les lieux de dépôt

Voici la liste des pièces justificatives systématiquement demandées pour procéder au dépôt de votre capital social :

  • Un projet des statuts de la société : Il doit être complet mais non signé.
  • La demande de dépôt : Un formulaire fourni par l'organisme (banque, notaire).
  • Une pièce d'identité en cours de validité : Pour chaque associé fondateur réalisant un apport en numéraire (carte d'identité, passeport).
  • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois : Pour chaque dirigeant.
  • L'adresse du siège social de la future société : Un justificatif de domiciliation peut être demandé (bail commercial, facture, contrat de domiciliation).
  • La liste des souscripteurs : Un document détaillant l'identité de chaque apporteur et le montant de sa souscription.
  • Le mode de versement des fonds : Le plus souvent un virement ou un chèque de banque émis depuis un compte au nom de l'un des apporteurs. Un justificatif de provenance des fonds peut être exigé pour des montants importants, en application de la réglementation sur la lutte contre le blanchiment d'argent.

Cas particulier des apports en nature : ce qui change

Si le capital social comprend des apports en nature (un véhicule, un fonds de commerce, un brevet...), la procédure se complexifie. Le dépôt concerne uniquement les apports en numéraire (l'argent). Cependant, les apports en nature doivent être évalués avant la signature des statuts.

L'intervention d'un commissaire aux apports est obligatoire, sauf dans deux cas pour les SARL et SAS :

  1. Si la valeur d'aucun apport en nature n'excède 30 000 €.
  2. Si la valeur totale des apports en nature ne représente pas plus de la moitié du capital social.

Si vous êtes dispensé de commissaire aux apports, les associés sont solidairement responsables de la valeur qu'ils ont attribuée aux biens pendant cinq ans. Le rapport du commissaire aux apports, le cas échéant, devra être annexé aux statuts. Cette étape doit être finalisée avant le dépôt des fonds en numéraire.

Comment se déroule la procédure étape par étape ?

La procédure de dépôt du capital social s'insère dans un processus plus large de création d'entreprise. Elle se déroule en quatre temps forts, depuis la préparation des documents jusqu'à la libération des fonds qui vous permettront de démarrer concrètement votre activité. Comprendre cet enchaînement est essentiel pour planifier correctement votre lancement et éviter les blocages administratifs. Chaque étape doit être validée avant de passer à la suivante, l'attestation de dépôt étant le sésame qui ouvre la porte de l'immatriculation.

Prenons un cas concret pour illustrer le parcours. Cas pratique : Un entrepreneur crée une SASU avec un capital social de 5 000 €. Il choisit de passer par une banque en ligne pour le dépôt de son capital. Il a déjà préparé son business plan et sait précisément comment son activité va démarrer. Pour mieux comprendre les enjeux liés à ce montant, il peut consulter notre guide sur la définition et le montant du capital social.

Étape 1 : rédiger les statuts (projet non signé)

Avant toute chose, notre entrepreneur rédige son projet de statuts. Il y précise la dénomination sociale, l'objet, l'adresse du siège, le montant du capital (5 000 €), et le fait qu'il est l'associé unique. Il s'assure que toutes les clauses obligatoires y figurent. Il ne signe pas le document à ce stade. C'est ce projet qui sera transmis à la banque en ligne pour initier la procédure de dépôt. C'est une étape cruciale car les informations des statuts doivent correspondre parfaitement aux informations du dossier de dépôt.

Étape 2 : verser les fonds sur le compte bloqué

L'entrepreneur suit la procédure de la banque en ligne. Il télécharge les documents requis : projet de statuts, pièce d'identité, justificatif de domicile. Une fois son dossier pré-validé, la banque lui communique les coordonnées (un IBAN) du compte de dépôt bloqué, ouvert au nom de "Société [Nom de la société] en formation". Il effectue alors un virement bancaire de 5 000 € depuis son compte personnel vers ce compte provisoire. Le libellé du virement doit être clair pour permettre une identification rapide.

Étape 3 : obtenir l'attestation de dépôt des fonds

Dès réception des fonds, la banque vérifie la concordance entre le montant reçu et celui indiqué dans les statuts. Tout étant en ordre, elle lui envoie par email, souvent sous 24 à 72 heures ouvrées, l'attestation de dépôt des fonds. Ce document officiel, au format PDF, certifie que le capital a bien été versé et bloqué, conformément à la réglementation. Selon la source officielle entreprendre.service-public.gouv.fr (2026), ce compte est provisoire et l'attestation est à joindre au dossier d'immatriculation. Notre entrepreneur peut maintenant passer à la finalisation de sa création.

Étape 4 : immatriculer la société au RNE et libérer le capital

Muni de son attestation, notre entrepreneur peut finaliser son dossier de création. Il signe ses statuts, publie une annonce légale, et dépose l'ensemble des pièces sur le site du Guichet unique de l'INPI pour demander l'immatriculation de sa SASU au Registre National des Entreprises (RNE). Quelques jours plus tard, il reçoit son extrait Kbis. Il le transmet immédiatement à sa banque en ligne qui procède alors au "déblocage" du capital : les 5 000 € sont virés du compte bloqué vers le compte professionnel définitif de la société. L'argent est désormais disponible pour les premières dépenses de l'entreprise.

Quand et comment récupérer le capital déposé ?

Le moment où vous pouvez enfin disposer de l'argent du capital social est une étape très attendue. Cependant, la procédure est stricte et il est primordial de ne pas brûler les étapes. Les fonds déposés ne sont pas immédiatement disponibles et leur utilisation prématurée constitue une faute grave. La loi protège ainsi la jeune société en s'assurant qu'elle dispose bien de ses ressources initiales une fois son existence légale confirmée.

La récupération des fonds est donc la dernière étape du processus de création. Elle marque le passage de "société en formation" à "société en activité". Il est également important de savoir quoi faire si, pour une raison ou une autre, le projet de création d'entreprise n'aboutit pas après le dépôt du capital. Des mécanismes existent pour permettre aux associés de récupérer leurs apports.

Le déblocage des fonds après immatriculation

Le déblocage des fonds n'est possible qu'après l'immatriculation de la société. Pour y procéder, le dirigeant doit présenter à l'organisme dépositaire (la banque ou le notaire) un extrait original du Kbis de la société. Ce document est la "carte d'identité" de l'entreprise, prouvant son inscription au Registre National des Entreprises (RNE). Dès réception de ce justificatif, l'organisme a l'obligation de virer les fonds depuis le compte de dépôt temporaire vers le compte courant professionnel définitif de la société. Le délai pour cette opération est généralement très court, de 24 à 48 heures. Comme le confirme entreprendre.service-public.gouv.fr (2026), le capital pourra être récupéré après l'immatriculation.

Piège à éviter : utiliser les fonds avant l'immatriculation

⚠️ Attention : L'erreur classique à éviter est de considérer les fonds comme disponibles dès leur dépôt. Le capital reste légalement la propriété des apporteurs tant que la société n'est pas immatriculée. Tenter de retirer ou d'utiliser cet argent avant d'avoir obtenu le Kbis est illégal. Cette action peut être considérée comme une faute de gestion engageant la responsabilité personnelle du dirigeant. De plus, aucun fournisseur sérieux n'acceptera un paiement provenant d'un compte bloqué au nom d'une société "en formation". Toutes les dépenses engagées avant l'immatriculation doivent être faites au nom des fondateurs, qui pourront ensuite demander leur remboursement par la société via les "actes accomplis pour le compte de la société en formation".

Et si le projet est abandonné ?

Si la société n'est finalement pas immatriculée dans un délai de six mois à compter du dépôt des fonds, les associés peuvent demander la restitution de leurs apports. Pour cela, chaque apporteur peut adresser une demande de retrait au dépositaire (la banque ou le notaire). Il faudra alors justifier que la création n'a pas eu lieu. Cette démarche peut se faire individuellement ou collectivement. Il est également possible pour les associés de désigner un mandataire pour effectuer cette démarche en leur nom. La récupération des fonds met ainsi fin au projet de création avorté, sans pénalité financière de la part du dépositaire. Pour des cas spécifiques comme la SCI, il est utile de consulter les règles sur le capital social en SCI : montant et fonctionnement.

Pour des spécificités liées à la gestion immobilière, n'hésitez pas à consulter notre article sur le capital social en SCI.

Coûts et points de vigilance selon la forme juridique

Bien que la procédure de dépôt soit similaire pour toutes les formes de société, le choix du statut juridique a des implications sur la gestion du capital. Le montant que vous décidez de déposer, au-delà du minimum légal, envoie un signal fort à vos partenaires : banques, fournisseurs, et même premiers clients. Un capital de 1 € est légal pour une SASU mais peut être un frein pour obtenir un prêt professionnel. À l'inverse, un capital élevé rassure mais immobilise des ressources.

Il faut aussi anticiper la vie de la société. La cession des parts sociales ou actions n'est pas neutre fiscalement. Selon entreprendre.service-public.gouv.fr (2026), les droits d'enregistrement sur les cessions de parts de SARL, par exemple, suivent un barème progressif : 0 % jusqu'à 23 000 € de valeur, 3 % entre 23 001 € et 200 000 €, et 5 % au-delà. Bien que ces taxes ne concernent pas le dépôt initial, elles doivent être prises en compte dans la stratégie patrimoniale à long terme des associés. Chaque statut a ses propres subtilités qu'il convient de maîtriser.

SARL et EURL : règles spécifiques

En SARL (Société à Responsabilité Limitée) et sa forme unipersonnelle l'EURL, le capital social minimum est de 1 €. Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins un cinquième (20 %) de leur montant lors de la constitution. Le solde doit impérativement être versé dans les cinq ans qui suivent l'immatriculation. Cette flexibilité permet de ne pas mobiliser la totalité des fonds immédiatement, mais impose une gestion rigoureuse des appels de fonds ultérieurs. Les statuts doivent clairement préciser le calendrier de libération du capital.

SAS et SASU : la liberté statutaire

La SAS (Société par Actions Simplifiée) et la SASU (sa version à associé unique) offrent une grande liberté. Le capital social minimum est également de 1 € (source : entreprendre.service-public.gouv.fr). La loi exige que la moitié (50 %) au moins du montant des apports en numéraire soit libérée au moment de la création. Le reste doit être versé dans les cinq ans. La grande souplesse des statuts de SAS permet d'organiser très librement les modalités de souscription et de libération du capital, via un pacte d'actionnaires par exemple.

SCI : attention aux apports en nature

La Société Civile Immobilière (SCI) est souvent utilisée pour la gestion de patrimoine immobilier. Il n'y a pas de capital social minimum imposé par la loi. Cependant, un capital très faible peut compliquer l'obtention d'un financement bancaire pour un projet d'acquisition. Le point de vigilance principal en SCI concerne les apports en nature. L'apport d'un bien immobilier au capital d'une SCI est une opération complexe qui nécessite l'intervention d'un notaire et entraîne des frais (droits d'enregistrement, publicité foncière). L'évaluation de ce bien doit être juste pour éviter tout litige futur entre les associés.

Sources

Ces informations sont d'ordre général et ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable ou d'un avocat. Validez vos choix avec un professionnel avant tout engagement.

Vos questions

C'est quoi le dépôt de capital ?

Le dépôt de capital est une formalité légale obligatoire avant l'immatriculation d'une société. Elle consiste à verser les apports en numéraire (l'argent) promis par les associés sur un compte temporaire et bloqué. Une attestation de dépôt est alors émise, pièce indispensable du dossier de création.

Est-il possible de déposer un capital social gratuitement ?

Oui, le dépôt de capital peut être gratuit auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Certaines banques en ligne l'incluent également sans frais dans leurs offres de création d'entreprise. Les banques traditionnelles facturent généralement ce service entre 50 et 150 €.

Quel est le prix d'un dépôt de capital chez un notaire ?

Le coût d'un dépôt de capital social chez un notaire n'est pas réglementé et dépend de ses honoraires libres. Il est généralement plus élevé que via une banque, souvent plusieurs centaines d'euros, car il peut inclure des prestations de conseil juridique et la rédaction des statuts.

Comment puis-je récupérer mon dépôt de capital ?

Pour récupérer votre capital social déposé, vous devez présenter à l'organisme dépositaire (banque, notaire) l'extrait Kbis de votre société. Ce document, qui prouve l'immatriculation officielle au Registre National des Entreprises (RNE), permet de débloquer les fonds et de les transférer sur le compte courant définitif de l'entreprise.